Ultra Lat 2018 – Aneto Trail

Tout a commencé un mercredi soir de novembre 2017 sur la piste de Chaban Delmas, lorsque Guillaume me demande : « ça te branche un trail dans les Pyrénées au mois de Juillet ? » ; « Pourquoi pas, j’ai pas d’objectifs pour 2018 donc beau challenge a relevé ! ».  Nous voilà donc inscrit pour une nouvelle aventure sur L’Ultra Aneto Trail ou Ultra LAT ; C’est la première édition dans ce format, 85km, 5300m de dénivelé positif avec des paysages qui donnent envie de relever le challenge. Je vous épargne les détails de la préparation avec la recherche de dénivelé sur Bordeaux mais on a réussi à se préparer convenablement. La bonne nouvelle c’est que nous sommes assez proche en termes de perf, donc il y a des possibilités que l’on fasse une bonne partie de la course ensemble si tout se passe bien.

Arrivés le samedi sur Luchon pour récupérer nos dossards, participer au briefing du soir et surtout encourager 2 potes de Guillaume (Steven et Nicolas) qui sont inscrits sur la KBOUR un 21km le samedi. Beau temps, même chaud avec quelques orages de prévus mais ça devrait faire du bien pour rafraichir l’atmosphère. Après le départ du 21Km, on monte sur Superbagnères pour encourager les potes en haut de la monté avant les 10km de descente. De retour sur Luchon pour l’arrivée, briefing et préparation des sacs pour le lendemain.

Première partie : Luchon – retour Luchon via le col de la Venasque

Dimanche 5H du matin, départ de Luchon, superbe nuit étoilée, pas de vent, 15°C, température idéale. Nous sommes 160 au départ, peu nombreux donc car le max était de 400 coureurs. Nous sommes dans le début de peloton, ça part vite en descente sur Luchon et après 400 m, on attaque direct dans la montée. La première partie alterne montée et des parties roulantes, puis de la montée jusqu’à l’hospice de France. On passe la première barrière horaire en 2H10 au lieu des 3h.

Col de la Venasque

On attaque la deuxième étape qui nous fait monter au col de la Vénasque pour revenir sur l’Hospice de France. Une grosse montée de 8 km et redescente technique vers l’Hospice. Superbes paysages, on passe l’Hospice à 10H10, un peu moins de 3H pour faire cette étape, on a de l’avance, redescente sur Luchon, 13 km de descente, les jambes accumulent les chocs des longues descentes.  On arrive sur Luchon vers 12H, soit 7 h de courses et 43 km de parcourus. Il fait bien 30°C, une petite tente pour le ravito avec quelques chaises ; pas vraiment un ravito de milieu de courses ; Heureusement que Steven et Nicolas sont là.  Changement de chaussettes, Guillaume se fait un strap suite à une belle frayeur dans la descente vers Luchon, Compeed pour les ampoules, et changement de t-shirt, on passe au débardeur. Si on n’avait pas eu d’accompagnateurs la course n’aurait pas été la même, il n’y a pas de possibilité de laisser de sac à l’organisation…, un point à revoir pour la prochaine édition. On se restaure, on remplit les gourdes et le Camel, après une demi-heure de pause c’est reparti, cette fois en direction du lac d’Oo.

Deuxième partie : Luchon – retour Luchon via le lac D’Oô

Le départ de Luchon est plus difficile, les jambes sont douloureuses, la fatigue commence à se faire sentir. On attaque directe dans le dur avec un bon dénivelé. Guillaume prend de l’avance, je garde mon rythme en essayant de me préserver. Je commence à revenir sur un concurrent, un Toulousain qui utilise deux bâtons de bois, on blague sur le nouveau modèle de chez Black Diamond ; Le terrain redevient plus roulant, je relance et remonte quelques concurrents ; J’aperçois Guillaume, je recolle, on reste groupé jusqu’à Astau. On recharge en eau à la fontaine du village, pointage intermédiaire au 53km, encore 7 km avant le prochain ravitaillement du refuge d’Astau ; Après 7km de montée, on aperçoit Nicolas et Steven, ils nous accompagnent en courant jusqu’au ravitau ; Petite pose, deux doses de soupe, un tuc, remplissage des gourdes, et c’est reparti pour le lac d’Oô. Nicolas et Steven partent avec nous pour faire la rando jusqu’au lac ; La pluie commence à tomber, à mi-chemin du lac d’Oô, ça tombe dur, Nico et Steven font demi tours, on s’équipe de nos vestes de pluie et on repart ; Guillaume est plus alaise en montée, je le laisse prendre de l’avance ; Arrivés au lac d’Oô, les nuages sont de plus en plus en bas et on entend l’orage.

Lac d’Oô

 

Petite inquiétude sur le temps qui s’amplifie lorsqu’on croise 2 concurrents qui abandonnent. Ils ne veulent pas prendre de risque. Moment de questionnement…, je propose à Guillaume de monter jusqu’à Espingo, on verra si ça se dégage et on demandera l’avis au pointage. On rattrape le GR10, la montée est dure, longue et lente ; le moral commence à en prendre un coup. L’orage gronde mais il semble que le soleil reprenne du poil de la bête ; On arrive au pointage d’Espingo, il faut encore monter 400m pour passer ce qu’on pense la dernière difficulté…, La moyenne horaire à baisser, les nuages reviennent, on est dans le brouillard, on suit les petits drapeaux roses qui nous guident vers le deuxième col. On entend une cloche dans le brouillard ; on se dit qu’on approche, en fait il faut encore 20 minutes de montée pour voir un nouveau pointage. On passe le col, nous attaquons la descente. Petite pluie qui tombe ; on avance le long de la crête, nous sommes toujours ensemble avec Guillaume et un concurrent qui nous suit. On arrive sur ce qui nous semble le dernier point difficile, encore de la montée finalement, la pluie se transforme en grêle, il est temps de remettre la veste. L’orage est proche, la grêle est de plus en forte, on arrive au dernier pointage avant Superbagnères. Sur ce dernier col on arrive sur un gros névé, le 3ieme concurrent qui est avec nous n’a pas de veste. Il prend sa couverture de survie qu’on lui noue dans le dos. On fait la descente regroupée vers Superbagnères ; Il grêle tellement que l’eau commence à former des petits torrents ; On commence vraiment à avoir froid même si court tout le temps. On rattrape un concurrent en lui suggérant de se coller à nous, il préfère aller à son rythme. On aperçoit Superbagnères, le moral remonte, c’est plus roulant. Et nous voilà encore dans une montée, sur 2-3 km jusqu’à Superbagnères…,

Vue de Superbagnères
dernière étape vers Luchon

On arrive enfin, il est 19H30, ce sera mission impossible pour boucler en 15H, il nous reste encore 9KM à descendre. Au ravito, le médecin de la course prend la température de Guillaume, 36°C.., elle commence à dire qu’il faudrait arrêter… ; on grelote mais on n’a pas fait tout ça pour s’arrêter…, Couverture de survie en place, sac poubelle en surcouche, on assure au médecin qu’on restera ensemble sur la descente. Steven et Nicolas sont toujours là ; super sympa de les voir et nous motiver pour la dernière étape ; C’est reparti, en descente sur Luchon. Et là, gros problème, je ne peux plus courir, grosse douleur à l’aine ; je dis à Guillaume et au 3ieme concurrent de faire leur course, je vais marcher jusqu’à Luchon ; C’est dur, mais je me dis que je devrais y arriver.., Et puis au bout de 2 km de descente en marche, le corps c’est réchauffé ; la douleur disparait, je recours et je reprends un bon rythme ; Je rattrape 2 concurrents qui m’avaient doublés ; Je me dis que c’est dommage, je finirai pas avec Guillaume ; Et puis à 3 km de l’arrivée dans le bois sombre j’aperçois au loin de la brillance d’une couverture de survie ; C’est Guillaume ! Heureux de le retrouver, il a lâché un peu. Je relance le rythme, on reste ensemble jusqu’à la fin. Arrivée sur Luchon ou malheureusement, il nous faut encore monter sur 500 m pour redescendre sur le village ; Arrivés ensemble à 21H45 à Luchon, 16H44 de course exactement. C’est un soulagement de terminer !

En conclusion

Au final, une très belle course, très exigeante qui fait comprendre ce qu’est la montagne avec les changements rapides des conditions météo. Pour le prochain, à prévoir des entraînements weekend montagne avec de la descente !

Faire une course aussi longue en binôme restera une belle expérience de trail. Merci à tous nos supporters (amis, famille, équipe air3), nos super assistants lors de la course (Steven et Nicolas), merci à Guillaume pour cette belle aventure, merci à l’organisation pour ce superbe parcours et merci à la petite famille qui a dû supporter les entrainements, merci à Greg pour la montre, merci à Cédric pour les crampons, Marie-Paule pour les massages post-course, j’en oublie sûrement encore beaucoup d’autres.

A bientôt pour une nouvelle aventure.

Et pour vous donner envie, une belle vidéo de la course : 

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